Exemple 100% terme fixe
Exemple concret de crédit bullet en Belgique (chiffres au 28 janvier 2026)
Pour rendre le crédit bullet vraiment concret, rien ne vaut un cas réel, avec des chiffres et des contraintes bancaires. L’exemple ci-dessous est basé sur un dossier traité en Belgique (certaines informations sont volontairement anonymisées), et il illustre parfaitement l’intérêt du terme fixe pour maximiser le cash flow… mais aussi les points de vigilance à anticiper.
1) Le profil du ménage et l’objectif
Il s’agit d’un couple :
- Monsieur est cadre, dispose d’une voiture de société et perçoit un revenu net mensuel d’environ 3 175 €.
- Madame perçoit un revenu net mensuel d’environ 2 540 €.
Le couple est déjà propriétaire de sa résidence principale et de deux biens supplémentaires. Leur objectif n’est plus seulement d’accumuler du patrimoine : ils souhaitent désormais augmenter leur cash flow en achetant un immeuble de rapport.
2) Revenus locatifs existants et revenus attendus
Le ménage dispose déjà de 2 400 € de loyers mensuels issus des biens existants. Le projet d’immeuble de rapport vise à générer 1 900 € de loyers mensuels supplémentaires.
Important : dans la plupart des banques, les loyers ne sont pas retenus à 100% dans le calcul (on parle de pondération des revenus locatifs). L’objectif est de tenir compte des risques de vacance locative, d’impayés et de charges. Dans cet exemple, chez BNP Paribas, les loyers sont donc pondérés dans l’analyse.
3) Situation de départ : charges hypothécaires actuelles
Avant le nouveau financement, le couple supporte déjà une charge hypothécaire totale d’environ 2 500 € par mois.
4) Le projet financé : achat + frais + ouverture de crédit
Le projet concerne l’acquisition d’un immeuble de rapport au prix de 400 000 € (achat destiné à la location, en Wallonie).
Le couple souhaite un financement maximal, incluant également les frais. Dans cet exemple, l’emprunt total s’établit à environ 463 500 €, comprenant notamment :
- Prix d’achat : 400 000 €
- Frais de notaire (ordre de grandeur) : 4 100 € (TVA comprise)
- Droits d’enregistrement (ordre de grandeur, non réduit) : 50 000 €
- Frais d’actes / ouverture de crédit (ordre de grandeur) : 11 110 €
- Frais de dossier et d’expertise : inclus dans l’emprunt
5) La garantie : l’affectation hypothécaire pour optimiser la quotité
Le couple dispose d’un patrimoine existant qui permet d’apporter de la garantie via une affectation hypothécaire. Concrètement, cela signifie qu’au lieu de devoir apporter du cash, ils apportent une garantie immobilière sur des biens existants.
Dans cet exemple, la valeur vénale prise en compte pour la garantie s’élève à environ 580 000 €. Sur cette base, la quotité (ratio entre le montant emprunté et la valeur du/des biens donnés en garantie) est de 79,91%.
Définition – Quotité : la quotité représente la proportion du financement par rapport à la valeur du bien (ou des biens) donnés en garantie. Une quotité inférieure à 80% est souvent un seuil important, car elle peut améliorer les conditions (notamment le taux) et réduire le risque pour la banque.
6) L’option retenue : crédit bullet 100% à taux fixe (20 ans)
Dans ce dossier, le client souhaite un taux fixe afin d’éviter toute variation future du coût des intérêts. Au 28 janvier 2026, pour un financement 100% terme fixe sur 20 ans, le taux utilisé dans l’exemple est de 4,35%.
Sur un emprunt de 463 500 € en crédit bullet, cela donne une charge mensuelle d’environ :
- 1 647,59 € / mois (intérêts uniquement)
Point clé : comme il s’agit d’un crédit bullet, le couple ne rembourse aucun capital pendant la durée du prêt. Le capital de 463 500 € devra être remboursé en une seule fois au terme (le terme fixe), via une stratégie de sortie (épargne, vente d’un bien, héritage, refinancement, etc.).
7) Comparaison : que donnerait un crédit amortissable sur la même durée ?
Pour mesurer l’impact sur le cash flow, comparons avec un crédit hypothécaire classique à mensualité constante, sur la même durée (20 ans) et pour le même montant (463 500 €).
Dans l’exemple, la mensualité ressort à environ :
- 2 874 € / mois (capital + intérêts)
On constate donc un écart mensuel d’environ :
- 2 874 € − 1 647,59 € = 1 226,41 € / mois
Interprétation : cet écart illustre précisément pourquoi le crédit bullet peut améliorer fortement le cash flow : la mensualité est bien plus faible, car on ne rembourse pas de capital.
8) Analyse bancaire : reste à vivre, taux d’endettement et marge de manœuvre
Après prise en compte des revenus du ménage, des charges hypothécaires existantes, du nouveau crédit et des revenus locatifs (pondérés selon les critères bancaires), l’analyse fait ressortir les éléments suivants :
- Reste à vivre : 4 658 €
- Taux d’endettement : 48,59%
Définition – Reste à vivre : le reste à vivre correspond au montant qu’il reste au ménage une fois l’ensemble des charges de crédit payées. C’est ce budget qui permet de couvrir toutes les dépenses de la vie quotidienne : logement, énergie, alimentation, assurances, mobilité, santé, loisirs et imprévus. Dans ce dossier, pour un couple, le seuil interne minimal se situe autour de 1 500 €, ce qui laisse ici une marge de sécurité très confortable.
Définition – Taux d’endettement : le taux d’endettement représente la part des charges de crédit par rapport aux revenus du ménage. Avec un taux de 48,59%, le couple reste en dessous des seuils maximaux admis dans ce type de dossier patrimonial, tout en conservant une capacité financière suffisante.
9) Flux de trésorerie mensuels : combien le crédit bullet rapporte concrètement
Grâce au crédit bullet, la charge mensuelle liée au nouveau financement est limitée aux intérêts, soit :
- Mensualité du crédit bullet : 1 647,59 €
L’immeuble de rapport génère quant à lui 3 000 € de loyers mensuels.
Avant prise en compte des autres charges liées au bien (précompte immobilier, assurances, entretien, vacance locative, fiscalité, etc.), le cash flow brut mensuel dégagé par l’opération est donc de :
- 3 000 € − 1 647,59 € = 1 352,41 € par mois
Ce montant illustre très clairement l’intérêt du crédit bullet dans une logique de cash flow : en ne remboursant pas de capital, le couple conserve une trésorerie mensuelle significative, qui peut :
- renforcer le cash flow net après charges,
- servir de réserve de sécurité,
- ou être partiellement réaffectée à une stratégie de remboursement futur du capital (épargne ou investissement parallèle).
À titre de comparaison, avec un crédit amortissable classique sur 20 ans pour le même montant, la mensualité aurait été d’environ 2 874 €. Dans ce cas, le cash flow aurait été quasi inexistant, voire négatif, réduisant fortement l’intérêt de l’opération pour un investisseur orienté revenus.
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